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LES RÉÉCRITURES ET L’INTETEXTUALITE.

19 Mar

Toute œuvre artistique est reliée à celles qui l’ont précédée. La réécriture en est une illustration flagrante : elle suppose une source d’inspiration, clairement identifiée, qui est la référence.

 

1 – LE TEXTE-SOURCE.

     1.1 – Le texte originel.

Le texte originel fonde une représentation traditionnelle des personnages et du monde, et c’est à partir de ce texte que se développent toute une série de réécritures. Elles doivent être interrogées par rapport à ce texte initial, après avoir compris les enjeux du texte premier pour faire une comparaison.

Ex. : La mort de Don Juan n’a plus le même sens au XVIIème et au XXème.

 

     1.2 – Les mythes.

Les mythes sont des récits fabuleux qui contiennent un sens allégorique. Ils sont souvent une source d’inspiration, et ont une fonction socioreligieuse. De tradition orale, ils ont été fréquemment repris dans la littérature.

Ex. : Médée est le type même de la mère monstrueuse infanticide, qui met en péril l’équilibre du monde.

 

2 – INVENTION OU PLAGIAT.

 

Le phénomène de réécriture pose le problème de création : le but de l’auteur qui reprend un texte est-il d’effectuer une simple copie, un plagiat, ou d’apporter des éléments supplémentaires ? Quels peuvent être les intérêts d’un auteur à réécrire un texte ?

     2.1 – Faire appel à un patrimoine commun.

La réécriture permet de faire appel à la mémoire de tous, en rappelant un texte patrimonial : elle crée une complicité avec le lecteur qui redécouvre un texte faisant partie d’un patrimoine commun.

Ex. : Pour les lecteurs érudits des Fables de La Fontaine, l’histoire de Philomèle et Progné mise en scène, après leur transformation en oiseaux, rappelle les Métamorphoses d’Ovide.

 

     2.2 – Donner un sens adapté à son temps.

À travers le phénomène de réécriture, un auteur s’approprie également un texte et lui donne un sens différent en fonction du contexte. Ainsi, l’image d’un personnage évolue en fonction du temps. Ces variations sont liées au contexte culturel, à l’adaptation à un public, à un temps et à une société.

Dans Don Juan de Molière, les derniers mots de Sganarelle, ajoutés par l’auteur, contrastent avec le tragique qui précède et renvoient la pièce dans un univers baroque.

 

     2.3 – Adopter un style personnel.

À partir de ce texte originel, appelé aussi « hypotexte », les auteurs varient les genres (roman, théâtre, poésie…) et les registres. Ils adoptent un style personnel.

Ex. : Dans Les Vrilles de la vigne, Colette intègre une explication du chant du rossignol dans un récit autobiographique.

 

     2.4 – Transposer à d’autres arts.

Le mythe se retrouve aussi dans des formes d’arts autres que la littérature. La transposition dans une expression artistique différente (théâtre, cinéma, peinture, bande dessinée, opéra…) ouvre de nouvelles perspectives.

Ex. : Le film de Jacques Weber, Don Juan, nous donne à voir une mort du personnage que seul le langage cinématographique permet.

 

3 – L’EMPREINTE DU TEXTE ORIGINEL  

     3.1 – La citation.

Il existe différents niveaux de réécriture, le plus évident pour le lecteur étant le cas de la citation. Le texte original est cité ou reformulé dans une intention narrative, dramatique, explicative, symbolique.

Ex. : Dans La Nuit de Valognes, Eric-Emmanuel Schmitt achève sa pièce sur une réplique de Sganarelle, qui, bien que légèrement transformée, est une citation du Don Juan de Molière.

 

      3.2 – Des allusions originales.

Mais de manière moins évidente, les auteurs pratiquant la réécriture font des allusions au texte originel. Le récit se déroule selon le même ordre, de la même façon que le premier texte. L’allusion peut être parfois plus difficile à saisir : les thèmes du texte original sont repris, mais le texte a subi des transformations, notamment dans les noms des personnages.

Ex. : Dans « Le Rossignol » de Catulle Mendès, les thèmes du rossignol, du tissage et de la métamorphose rappellent le mythe de Philomèle et Progné raconté par Ovide.

 

4 – Modalités des réécritures.

 

     4.1 – L’amplification.

À partir du mythe repris, les auteurs ont la liberté d’amplifier ce que le texte originel ne montrait pas. Un autre épisode du récit peut être ajouté, ou une suite peut alors être constituée.

 

Ex. : Dans Médée Kali de Laurent Gaudé, le monologue final de Médée intervient bien après la mort de ses enfants, lorsqu’elle retourne sur leur tombe, épisode que le texte initial passait sous silence.

 

     4.2 – L’ellipse.

Le phénomène inverse peut se trouver : les auteurs peuvent passer sous silence une partie du texte original, composant alors une ellipse.

Ex. : Dans Médée de Max Rouquette, contrairement aux versions antérieures, le spectateur ignore le destin de Médée, une fois la couverture rouge retombée.

 

     4.3 – La parodie.

La parodie est une transformation du texte original : le thème est repris, mais le ton adopté est différent. Si la parodie a une intention ludique ou satirique (c’est le sens élargi qui est donné à ce terme), elle peut aussi être une transposition sérieuse. Un autre style est adopté.

Ex. : Dans Médée de Jean Anouilh, le dialogue final entre la nourrice et le garde emploie le langage du quotidien, avec un niveau de langue courant, contrairement à la tragédie grecque.

 

     4.4 – Le pastiche.

Le texte source peut être imité : le style de l’auteur est repris, et l’auteur met en évidence ce qui le caractérise dans une intention esthétique. L’intention peut être aussi ludique, satirique ou sérieuse.

Ex. : Dans La Petite dans la forêt profonde de Philippe Minyana, l’écriture dramaturgique est originale et peut être pastichée.

LES NOUVELLES FORMES ROMANESQUES

18 Août

 Origine et évolution.

Aux origines : PROUST et CÉLINE, de nouvelles écritures romanesques.

Le roman ne raconte plus à proprement parler une « histoire», mais interroge l’individu et le monde extérieur : travail sur la perception et la mémoire, analyse minutieuse des sensations et sentiments.

Les textes ne sont ni des autobiographies ni des romans « classiques » : ils mettent en scène des sortes de « double » de l’auteur (Bardamu pour Céline dans Voyage au bout de la nuit) qui permettent de suivre les évolutions de la conscience du personnage.

Le narrateur évoque des expériences personnelles amoureuses, historiques et esthétiques (Proust dans À la Recherche du temps perdu met en scène un musicien, Vinteuil, un peintre, Eltsir et un écrivain Bergotte],

NOUVEAU ROMAN

Particularités d’écriture

Brouillage de la narration : mélange des voix et des points de vue narratifs.

Refus d’un narrateur omniscient et de la caractérisation trop précise des personnages. Imbrication de différents cadres spatio-temporels.

Descriptions foisonnantes des objets et des décors.

Principaux thèmes.

I           Remise en cause des codes du roman traditionnel, en lien avec le contexte politique et culturel (la théorie de l’inconscient, le traumatisme des deux guerres mondiales et les changements sociaux), La caractérisation simple des personnages ne paraît pas vraisemblable.

Mise en doute de la capacité du langage à rendre compte fidèlement du réel.

Complexité du réel.

OULIPO (« Ouvroir de littérature potentielle »).

 

Particularités d’écriture.

Invention de nouvelles formes poétiques et renouvellement des « structures» romanesques.

Contraintes précises et utilisation des règles mathématiques.

Jeux avec le langage: niveaux de langue, étymologie, dérivation…

Goût de la parodie et du défi : chaque œuvre doit être source de surprise.

Principaux thèmes.

Situations et personnages du quotidien.

Dates.

Société

Œuvres majeures

1900-1910 Développement des théories psychanalytiques 1913-1927 A la Recherche du temps perdu, Proust
1920-1929  « Années folles » 1932 Voyage au bout de la nuit, Céline
1929 Crise économique mondiale 1956 L’Ère du soupçon, Sarraute
1945-1973 « Trente Glorieuses » développement de la société de consommation 1957 La Modification, Butor
1959 Nouvelle vague au cinéma (Truffaut. Godard) 1959 Zazie dans le métro, Queneau
  1963 Pour un nouveau roman, Robbe-Grillet
  1978 La Vie mode d’emploi, Pérec
   

 

Le théâtre de l’absurde.

18 Août

 Origine et évolution.

Theatre_de_l_Absurde 

Du latin « ab-surdus» au sens propre, « sourd, inaudible » et au figuré « hors de propos ». En français, le mot désigne ce qui est contraire au bon sens. C’est en 1962 qu’est diffusée largement cette dénomination de « théâtre de l’absurde ».

Le choc de la Seconde Guerre mondiale et des totalitarismes qui entraîne la perte de la foi et la crise des valeurs humanistes, participe de ce théâtre qui interroge la condition humaine.

« Il ne s’agit pas d’une école ou d’un groupe d’auteurs réunis autour d’un manifeste, mais d’une approche spécifique du théâtre, et chaque dramaturge revendique sa liberté absolue.

Le théâtre de l’Absurde exprime le sentiment de l’homme, confronté au non-sens du monde et de l’existence.

Particularités de l’écriture.

Eisher

Rupture avec les conventions du théâtre : décors quasiment absents et costumes très sobres, lieux et époques flous, perturbation de la structure, absence d’intrigue. Importance des didascalies qui envahissent le dialogue ; elles n’ont pas toujours le statut d’indications scéniques.

Style dépouillé qui reflète le vide de l’existence : constructions grammaticales simples, peu de figures de style, peu d’expansions nominales, des effets de rupture dans les dialogues avec des phrases nominales courtes, des silences.

Jeux de mots, humour noir, dérision, clichés pour exprimer une angoisse existentielle et souligner l’absurdité de la condition humaine.

Importance du rôle des objets qui envahissent la scène et en déshumanisent l’univers.

Principaux thèmes.

Catherine Frot dans Oh les beaux jours ! de Samuel Beckett

Catherine Frot dans Oh les beaux jours ! de Samuel Beckett

Tragique de la condition humaine vouée à une mort inéluctable, et expression de l’angoisse existentielle : solitude de l’homme face au silence d’un monde sans Dieu.

Échec de la communication : dire le non-sens du langage et du monde, et la faillite des idéologies. Le langage n’est qu’une convention.

euro grec 

Dates.

Politique

Société

Œuvres majeures

1939-1945 Seconde Guerre mondiale 1945 Libération des campset découverte de l’univers concentrationnaire et de l’entreprise d’extermination 1896 Ubu Roi, Alfred Jarry
1940-1944 Occupation allemande 1947 Ouverture du Musée national d’Art moderne 1938 Le Théâtre et son double, Artaud
1945 Hiroshima, première explosion atomique 1959 Nouvelle vague au cinéma (Truffaut, Godard) 1950 La Cantatrice chauve, Ionesco
1946-1954 Guerre d’Indochine   1952 En attendant Godot, Beckett
1954-1962 Guerre d’Algérie    1962 Théâtre de l’Absurde, Esslin
    1962 Notes et Contre-notes, Ionesco
    1968 L’Homme et l’enfant, Adamov

 

LE SYMBOLISME.

18 Août

 Origine et évolution.

 

Le terme « symbolisme » apparaît pour la première fois dans le manifeste de Jean Moréas publié le 1er septembre 1886 dans Le Figaro. Le symbole désigne à l’origine un objet coupé en deux et dont les deux parties ont été éloignées l’une de l’autre. L’écriture poétique symboliste vise à réunir ce qui a été séparé.

Ce mouvement apparaît au XIXème  siècle en réaction au mouvement naturaliste et à une vision trop rationaliste du monde.

De nombreux écrivains et artistes revendiquent une vision idéaliste du monde, issue de l’Antiquité, et qui considère qu’il y a un monde supérieur, invisible, et seulement accessible par la pensée, dont le réel n’est qu’un pâle reflet. L’artiste est le seul à pouvoir le déchiffrer et le suggérer.

 

Genres privilégiés.

 

La poésie, le roman, le théâtre.

 

Particularité d’écriture.

 

Analogies pour évoquer les correspondances entre des réalités sensibles mais aussi entre des réalités visibles et invisibles.

L’hermétisme (revendication de la polysémie et du mystère). Le sens immédiat tend à disparaître. Cela se traduit par un culte du mot rare, de la syntaxe disloquée.

La musicalité du langage pour suggérer et susciter la vision d’une réalité souvent invisible, retrouver le pouvoir évocateur des mots.

Le vers classique et le vers libre pour créer des rythmes et des réseaux sonores singuliers.

 

Principaux thèmes.

 

Le passé : volonté de retrouver un monde originel, de retourner au commencement du monde, d’où l’utilisation de figures mythologiques, de légendes dans lesquelles le poète éprouve la trace de l’unité perdue.

L’amour : la relation è l’être aimé permet d’accéder à une réalité idéale, spirituelle.

La mélancolie, l’angoisse du néant : le poète rejette une société où il n’a pas sa place, et exprime sa solitude.

Le mysticisme et le rêve : conception d’une réalité complexe et mystérieuse.

La puissance évocatrice du langage : le poète interroge explicitement ou implicitement le pouvoir du langage dans son écriture poétique.

 

Dates.

 

Politique

Société

Œuvres majeures

1852-1870 Second Empire 1873 Impression, soleil levant, Claude Monet 1857 Les Fleurs du mal, Baudelaire
1870 III’ République 1889 La Tour Eiffel 1871 Poésies, Rimbaud
1871 La Commune 1900 Exposition universelle 1884 Jadis et Naguère, Verlaine
  1900 L’Interprétation des rêves, Sigmund Freud 1886  « Un manifeste littéraire», Moréas
    1886 « Traité du verbe », René Ghil
    1886 Illuminations, Rimbaud
    1887 Poésies, Mallarmé

 

sphinx 

G. Moreau, Oedipe et le Sphinx, 1864, The Metropolitan Museum of art, New York

 

LE ROMANTISME

21 Mai

ORIGINE ET EVOLUTION.

Caspar david Friedrich (1774-1840), “Le voyageur contemplant une mer de nuages”, 1818 (Hambourg, Kunsthalle)

Caspar david Friedrich (1774-1840), “Le voyageur contemplant une mer de nuages”, 1818
(Hambourg, Kunsthalle)

  • Naissance en 1820 d’un mouvement culturel européen (Allemagne, Angleterre, France) qui prône l’expression d’une nouvelle sensibilité et l’exaltation du moi en harmonie avec la nature (influence de Rousseau).
  • Refus par les écrivains et les artistes des règles classiques, jugées trop rigides, pour affirmer la libération de la langue.
  • Perte de repères de la jeune génération qui ne se reconnaît pas dans le paysage politique et social issu de la Révolution de 1789, et manifestation de son sentiment d’impuissance suite à la défaite napoléonienne : lutte contre le pouvoir établi. Les écrivains jouent un rôle politique (Chateaubriand est ministre, Hugo et Lamartine députés).

GENRES PRIVILEGIES.

  • Le drame, la poésie lyrique et satirique, le roman autobiographique, le discours engagé.
  • Mélange des genres et des registres, du « sublime et du grotesque » (Hugo).
  • Lyrisme : expression spontanée de l’intimité du moi.
  • Refus des règles strictes de versification (enjambements, rejets et contre-rejets] et des formes fixes (recours au rythme ternaire).
  • Registres satirique et polémique pour dénoncer les hommes au pouvoir.

PRINCIPAUX THEMES.

  • Exaltation du moi : libération de l’inspiration artistique et des sensations, privilège de l’individu sur la société.
  • Mélancolie : nostalgie pour un passé idéal perdu, et solitude du moi hors d’un monde où il ne se reconnaît pas.
  • Harmonie avec la nature : lieu de méditation et de communion, tour à tour protectrice et déchaînée, la nature est le fidèle reflet du « vague des passions » (Chateaubriand).
  • Spiritualité et aspiration au sacré : trouver dans la religion et les textes sacrés des réponses au « mal du siècle » (Musset) et aux incertitudes.
  • L’exotisme et le rêve : voyages réels ou rêvés (Amérique, Orient, Italie…) pour échapper à un réel désenchanté.

DATES CLES.

Politique

Œuvres majeures

1804-1815 Empire de Napoléon 1er. 1820 Lamartine, Les Méditations poétiques.
1815-1830 Restauration – Louis XVIII ; Charles X 1823 Stendhal, Racine et Shakespeare
1830 Révolution de Juillet 1827 Victor Hugo, Préface de Cromwell
1830-1848 Monarchie de Juillet : Louis-Philippe 1830 Victor Hugo, Hernani
1848 Révolution de février 1836 Musset, Les Confessions d’un enfant du siècle.
1848 Abolition de l’esclavage (Ile de la Réunion 20 décembre) 1849-1850 René de Châteaubriand, Les Mémoires d’outre-tombe.
1848-1852 IIème République ; Louis-Napoléon Bonaparte comme président 1856 Victor Hugo, Les Comtemplations.
1851 Coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte  
1852-1870 – Second Empire ; Napoléon III  
1870 – Guerre Franco-prussienne – déclaration de la IIIème République.  

LES LUMIERES.

22 Mar
Jean Huber, Un dîner de philosophes, 1772 ou 1773, Voltaire Foundation, Oxford.

Jean Huber, Un dîner de philosophes, 1772 ou 1773, Voltaire Foundation, Oxford.

LES LUMIERES.

 

ORIGINE ET EVOLUTION.

  • Mouvement européen né à la fin du XVII’ siècle, nommé Aufklärung en Allemagne, Enlightment en Angleterre, IIluminismo en Italie.
  • Volonté de faire la synthèse des connaissances accumulées depuis l’Antiquité dans tous les domaines : loi, mœurs, sciences, arts et métiers.
  • Les écrivains des Lumières combattent l’ignorance en diffusant le savoir. Ils font de la raison une arme contre l’obscurantisme religieux, le fanatisme, et l’exercice arbitraire du pouvoir politique.

GENRES PRIVILEGIES.

Dictionnaire, conte philosophique, utopie, comédie, roman, essai, pamphlet, critiques d’art.

PARTICULARITES D’ECRITURE.

  • Écriture argumentative : argumentation directe ou indirecte (insérée dans une fiction). Recours à l’ironie: emploi de figures de style (notamment l’antiphrase, l’hyperbole, l’oxymore et l’antithèse] et de procédés (comme le mélange des registres] pour que le lecteur construise le « « second sens ».
  • Roman à la première personne : naissance et évolution de l’individu.
  • Roman épistolaire pour révéler la diversité des points de vue et le caractère relatif des connaissances.

PRINCIPAUX THEMES.

  • Le voyage : l’homme voyage pour accumuler des connaissances sur les autres peuples, et ainsi comparer sa culture à d’autres civilisations dans le but de remettre en question ses coutumes et d’améliorer les lois qui le gouvernent (relativisme).
  • Religion et raison : la raison humaine est le moyen d’accéder à Dieu. La tolérance est un devoir.
  • Science et esprit critique : mise en doute des connaissances acquises, des préjugés et des traditions. Les réalités naturelles sont soumises à un effort de classification, qui distingue les ordres, les genres, les espèces, les variétés.
  • Refus de l’arbitraire : remise en cause de toute autorité politique absolue, et aspiration à des régimes modérés protégeant les libertés individuelles.
  • Philosophie : l’homme est responsable de son bonheur, et doit l’atteindre en alliant sa raison à ses émotions, son intelligence, ses sensations.

DATES.

 

Politique

Société

Œuvres majeures.

1715 Mort de Louis XIV 1757 Déclaration menaçant de mort les auteurs d’écrits contraires à la religion et à l’Etat. 1721 Montesquieu, Lettres Persanes
1723-1774 Règne de Louis XV 1759 Interdiction de L’Encyclopédie. 1734 Voltaire Lettres philosophiques
1774 Avènement de Louis XVI 1762 Exécution de Jean Calas 1747 Voltaire, Zadig
1776 Déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique. 1765 Condamnation du Dictionnaire Philosophique de Voltaire à être brûlé 1751-1772 Diderot et d’Alembert, L’Encyclopédie
1789 Révolution Française – Prise de la Bastille – Déclaration des droits de l’Homme.   1754 Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes
    1761 Rousseau La Nouvelle Héloïse
1792 Proclamation de la 1ère République.   1762 Rousseau Le Contrat social
1799 Coup d’Etat de Bonaparte.   1767 Voltaire, L’Ingénu
    1784 Beaumarchais, Le Mariage de Figaro
    1796 Diderot, Jacques le fataliste

L’HUMANISME

21 Mar
Léonard de Vinci, L'homme de Vitruve, 1492, Galleria Dell'Accademia, Venise.

Léonard de Vinci, L’homme de Vitruve, 1492, Galleria Dell’Accademia, Venise.

Origines et évolution.

 

  • Période de la Renaissance des arts, des sciences et de la pensée, d’abord en Italie, puis en France.
  • Redécouverte des textes grecs et latins, et regain d’intérêt pour la sagesse antique.
  • Diffusion d’idées nouvelles grâce aux échanges entre les intellectuels européens, dits « humanistes » (mot qui désigne initialement celui qui se consacre à l’étude des textes antiques).

Particularités d’écriture.

  • Écriture souvent argumentative, utilisant des procédés didactiques pour mettre le savoir à la portée du lecteur.
  • Référence à la sagesse des Anciens (arguments d’autorité).
  • Recherche d’une connivence intellectuelle avec le lecteur : utilisation de l’ironie, du paradoxe, du double sens, de la polyphonie pour éviter l’attaque directe.

Principaux thèmes.

  • Religion : développement du courant évangélique qui prône la lecture directe des textes bibliques, la prière personnelle et la méditation.
  • Institution du prince : conseils concernant le rôle du prince et la meilleure façon de régner sur ses sujets.
  • Éducation : proposition de nouvelles méthodes pédagogiques visant au développement de l’esprit critique et à l’extension du champ des connaissances.
  • Paix : dénonciation de la guerre, et idéal d’Europe unifiée.
  • Homme : interrogation sur les différences culturelles et les moyens de perfectionner l’Homme.
  • Société : réflexion sur la société idéale (utopie).

La Pléiade.

La Pléiade est un groupe de sept poètes, qui se nomment ainsi en référence à une constellation d’étoiles. Ils renouvellent la poésie française, en important le sonnet (Ronsard), en s’inspirant de la littérature antique, en revendiquant et en illustrant les potentialités littéraires de la langue française (Du Bellay).

Dates.

Politique

Société

Œuvres majeures

1494-1559 Guerres d’Italie 1492 Découverte de l’Amérique 1503-1506 La Joconde, Léonard de Vinci
1515-1547 Règne de François 1er 1519-1522 Voyage de Magellan(tour du monde) 1508-1512 Plafond de la Chapelle Sixtine. Michel Ange
1515 Victoire de Marignan 1543 Publication des thèses de Copernic 1509 Eloge de la folie. Ërasme
1517 Réforme protestante 1572 Massacre de la St Barthélémy 1516 L’Utopie. Thomas More
1539 Ordonnance de Villers-Cotterêt : le français devient la langue officielle   1532 Pantagruel, Rabelais
1598 Ëdit de Nantes   1549 Défense et illustration … , Du Bellay
    1552 Les Amours de Cassandre, Ronsard
    1580-1595 Les Essais, Montaigne